trioCecileCharbonnel

From pop to jazz… ou réciproquement.
C’est ce qui résume la démarche de Cécile Charbonnel qui publie « Topaze », son troisième album chez SAFT/Noa Music. Un nouveau bouquet de morceaux bien choisis servis en trio. Du jazz velouté à déguster sans modération.

« Je chante depuis toujours » fait valoir l’intéressée. Elle fredonnait les grands airs de Vivaldi à 5 ans, est tombée dans le hard-rock à 15 ans, a vécu plusieurs expériences de groupes (Alpheratz, Thunder, Charline and the Fox) avant de tomber en amour avec le jazz. Quelques quartets plus tard, elle a démarré sa propre discographie. Tout d’abord avec l’album « Solide » en 2005 puis avec « Comment allez-vous ? » en 2008. Un voyage en trio sur les terres riches et fertiles du jazz, les plaines cotonneuses du blues et les urbaines avenues de la pop…

Le nouvel et troisième album qu’elle nous livre aujourd’hui « Topaze » s’inscrit dans le même esprit que le précédent, « l’étincelle en plus » ajoute-t-elle. Elle y reprend à sa manière des standards de de blues ou de pop qu’elle « jazzifie», mais aussi des standards de jazz qu’elle « popise ». L’opus sera donc jazz pop pour les uns, pop jazz pour les autres. Peu importe. Elle est contre les chapelles et les sectarismes musicaux. Considérant qu’aucun genre musical n’est « supérieur » à un autre, que les artistes sont des faiseurs d’émotion, des esprits dédiés à l’inhabituel, des tordeurs de lignes droites, des éventreurs d’établis, Cécile s’attache, comme à son habitude, aux belles musiques quelles que soient leurs origines et nous en offre un nouveau bouquet*. Qu’elle nous offre dans des interprétations ciselées, suaves et feutrées.

C’est à nouveau en trio qu’elle a enregistré cet album, toujours accompagné de Jean-Michel Charbonnel, son mari, l’un des meilleurs contrebassistes français (qui joue notamment avec Eddy Louiss, Billy Cobham, Jean-Marie Ecay, André Charlier et Benoït Sourisse, André Manoukian et Didier Lockwood) mais troquant cette fois les 6 cordes de Jean-Baptiste Gaudrey (les fameux sons guitares de Martin Solveig) pour le piano de Nicolas Noël, autodidacte au talent brut, pianiste de Little Bob (à voir dans le film d’Aki Kaurismäki « Le Havre ») mais aussi pour Demi Evans et Jean-Jacques Milteau.

Le choix du titre de l’album, « Topaze », à y regarder de plus près, n’est pas si anodin.
Comme la pierre précieuse, qui peut briller dans différentes teintes, ce nouvel opus se pare de multiples teintes musicales. Les croyances du XVème siècle attribuaient à la topaze la faculté, entre autres, d’éveiller la sagesse et d’éloigner la tristesse et la mélancolie… C’est ce que fait Cécile Charbonnel avec ce nouvel album. Toujours au service du swing, de l’émotion et de la musicalité. Du jazz de velours sur des tempos feutrés. L’envie de se faire plaisir et de partager ce plaisir, sur disque comme sur scène. Smooth et amazing.


(*) Figurent notamment au menu : “Baker street” (Gerry Rafferty), “Here comes the rain again” (Eurythmics), “Eternal flame” (Bangles), “For once in my life” (Stevie Wonder), “Bang Bang” (Cher), “Roxanne” mais aussi “Close to you” (Burt Bacharach), “Mona Lisa” (Nat King Cole), “Teach me tonight” (qu’a interprété entre autres Dinah Washington) ou encore “Why should I care?”, signé Clint Eastwood.
Produit par SAFT/Noa Music, l’album a été arrangé par Jean-Michel Charbonnel, enregistré et mixé par Antoine Selle et Andrew Lyden au Studio Elisa en novembre 2011, et masterisé par John Dent à Loud Mastering (Taunton/Angleterre).